À toi, mon petit corps chéri

Publié le 26 juillet 2020, dans la catégorie Life

Photo de nu pour une mise à nu dans une lettre à mon petit corps chéri

Mon petit corps chéri,

Ce n’est pas après toi que j’en ai. Enfin, je veux dire, esthétiquement parlant. Tu es beau, tu me supportes, tu me plais. Je suis même fière des formes que tu as aujourd’hui. Tu es comme j’en ai envie, et c’est là tout ce qui compte.

Mais mon petit corps chéri, en ce moment c’est intérieurement que ça se passe. Je crois que tu me laisses tomber. Je crois que tu n’as plus envie, ou bien que tu essaies de me faire passer un message. Tu me lâches, tu me laisses en souffrance et tu n’as plus envie de t’accrocher. Enfin, je ne sais pas, c’est une impression.

Tu me dis d’aller me faire mettre. Excuse ma vulgarité, mais vraiment, tu me dis d’aller me faire foutre. On est sur un concept de : je résiste, tu m’abandonnes.

Alors oui, c’est vrai je te l’accorde, en ce moment je ne te laisse pas vraiment le temps de souffler. Mais je te connaissais tout de même plus résistant, plus vif, plus sympathique, plus compréhensif. Je sais que tu es fort et que tu peux l’être encore.

En ce moment, tu craques. Et forcément, c’est technique, si tu craques : je craque. Et crois-moi, je craque. Je craque tous les jours. Je craque, je pleurs, je dors, je ne dors pas, j’ai chaud, j’ai froid, j’ai peur, je stress, j’angoisse.

Peut-être est-ce un concours de circonstances ? Une réaction en chaîne ? Tu sais, la loi des séries ? Peut-être est-ce ça ? Je ne sais pas, dis-moi. J’ai besoin d’explication.Nue dans une cuisine avec le sourireAssise sur un plaid sur le sol, dans un gilet en laine, au milieu d'un salon au parquet en bois

Tu sais, c’est humain. On cherche toujours des explications ! Je suis certaine que tu me comprends. Mais on a besoin de savoir, j’ai besoin de savoir : pourquoi ? Pourquoi tout ça, d’un coup, à la suite ?

Il y a quelques mois, j’étais très angoissée. Et je crois que c’est là que tout a commencé. Déjà à ce moment-là je me demandais ce qui n’allait pas chez toi, chez moi, chez nous. Maintenant, je suis angoissée, ça n’a pas changé. Mais il n’y a pas que ça que je cherche à comprendre. Je cherche à comprendre pourquoi tu m’abandonnes. Moi qui t’aime tant !

L’angoisse, la troisième entorse en moins d’un an, l’angine, les crises de Crohn, la fatigue, l’épuisement, la fièvre, les douleurs. Tu sais cet enchaînement de petites choses insignifiantes qui, mis bout à bout, forme un tout un peu trop difficile à gérer.

D’accord, pour l’entorse, je plaide coupable. Je n’ai qu’à ouvrir les yeux. D’accord, pour l’angine, je m’en prends à mon amoureux. Je n’avais qu’à pas lui faire de bisous. Mais pour le reste ? L’angoisse et la maladie de Crohn qui revient en puissance après plusieurs années de silence ?

L’angoisse, j’en ai déjà parlé sur mon blog parce que j’avais besoin de me soulager (juste ici). Mais pourquoi ? Pourquoi mon Crohn se réveille-t-il maintenant ? Pourquoi m’infliger ça alors que tout le reste de ma vie tourne rond ?

Je vais bien. Pas de panique mon petit corps, ne t’inquiète pas. Malgré tout ça, je vais bien. Enfin, avec des hauts et des bas. Mais je vais bien, je vais bien, je vais bien, je vais bien, je-vais-bien !

C’est faux. J’essaie de me convaincre que tout va bien. J’essaie de me convaincre que toi, mon petit corps, tu vas rebondir. J’essaie de me persuader que si c’est arrivé, ça finira par passer. Mais en réalité ? Je suis perdue.

Je ne sais pas, plus, comment te gérer. Je ne sais plus ce qui te fait du bien ou ce qui ne t’en fait pas. Je ne sais plus comment réagir pour ne pas te froisser, t’énerver, te vexer, te mettre en rogne ! Moi qui t’aime tant, je ne sais plus quoi faire pour ne pas être fâchée après toi. Je suis grognon.Photographie studio de nu en noir et blanc pour illustrer un article intime

Je suis grognon, parce que je te vois doucement me laisser seule dans l’incertitude. Je suis incertaine pour aujourd’hui, pour demain, même pour hier. Je suis incertaine, et morte de trouille. Tu me fais faire un bon dans le passé, un passé que j’avais doucement mis de côté.

Ce passé c’est : l’angoisse. C’est l’angoisse de ne pas savoir ce qui m’arrive, de ne pas savoir comment faire face, de ne plus savoir comment je me suis sortie de tout ça. Comment j’ai fait pour ne pas me laisser aller et prendre le dessus sur tout ça ? Comment j’ai fait pour ne pas baisser les bras ? Je ne sais plus, je ne me souviens plus, tout est flou.

En ce moment, tu ne m’accordes que peu de répit. Un jour j’ai mal au ventre, le lendemain à la gorge, après ça c’est la tête, les yeux, les douleurs dans le corps. Je ne sais plus comment faire pour partir du bon pied. Enfin, si je puis dire. Parce que niveau pied, c’est pas ça non plus.

Alors en ce moment, mon petit corps chéri, c’est dur. C’est dur et difficile à expliquer. C’est dur et je suis fatiguée. Je suis épuisée de voir que, même si tout va bien, ça ne va pas. Je suis exténuée parce que je n’arrive pas à trouver quoi faire, que dire, face à tout ça.

Est-ce ton stress, mon stress, qui, inconsciemment prend le dessus ? La bonne nouvelle de savoir que, peut-être, d’ici quelques mois nous pourrions nous débarrasser de nos piqûres pas rigolotes qui te fait réagir ainsi ?Dans une cuisine, nue avec un air bucolique, pour illustrer une lettre à mon petit corps chéri

J’essaie, vraiment, de trouver des réponses à mes questions. Mais pour le moment j’ai l’impression que tout fout le camp, qu’on fout tout en l’air, qu’on envoie tout balader. Alors que pourtant, il y a quelques jours, avant que tout parte en cacahuète, on nous avait annoncé une bonne nouvelle à toi et moi.

Je crois que je vais essayer, aujourd’hui et pour un bon moment, de trouver des réponses à mes questions. À nos questions ? Parce que peut-être que toi aussi tu t’en poses. Et c’est la raison pour laquelle tu es si perplexe en ce moment.

Mais, mon petit corps chéri, n’oublie pas à quel point je te chéris. N’oublie pas que je t’aime, et que sans toi ma vie ne serait pas la même. N’oublie pas que c’est avec toi, à cause de toi, mais aussi grâce à toi que je vis cette vie aujourd’hui.

Alors, s’il te plaît, soit compréhensif et aime-moi autant que je t’aime. Pour que toi et moi vivions en harmonie, aussi bien extérieurement qu’intérieurement. Je te laisse ton droit au coup de gueule. Je te laisse le droit de ne pas toujours être à ton maximum. Je te laisse la possibilité de craquer parfois. Moi aussi ça m’arrive !

Mais fais-moi signe, donne-moi de vraies réponses à mes questions. Pour que je sache pourquoi. Pourquoi depuis plusieurs semaines tu n’es pas au top de ta forme. Et que je comprenne pourquoi je ne suis pas au top de la mienne.

Mon petit corps chéri, ces quelques mots pour te dire que je t’aime et que j’aimerai que tu prennes soin de toi. Mais pour prendre soin de toi, j’ai besoin de comprendre comment et pourquoi. Lorsque j’aurai ces réponses alors je prendrais soin de toi, de moi, de nous. Je trouverai des solutions à nos problèmes et je ferai tout pour les régler.

Pour que toi et moi nous aimions encore longtemps, aussi fort que possible. Parce que toi et moi, mon petit corps chéri, c’est pour la vie !

Avec amour et bienveillance,

Sandie

Ps : et puis bon… il faut quand même que je t’avoue que les examens médicaux, les heures aux toilettes, le mal au ventre, la fatigue, les coups de blues… c’est pas ce qu’il y a de plus passionnant comme journée et… j’aimerai bien profiter de mon été. 😛

Photo studio en noir et blanc pour illustrer une lettre à mon petit corps chéri

J’espère que ces quelques mots vous auront plu les chats. Vous l’aurez compris, en ce moment ce n’est pas la grande forme. Je suis fatiguée, mon bidon fait des siennes, mon corps est approximatif et j’ai beaucoup de mal à garder le contrôle sur tout ça. Dans ces moments ce n’est pas mon esprit qui prend le contrôle, mais mon corps.

Et, depuis le temps, vous me connaissez. Pas vrai ? Vous savez que, parfois, pour vider mon sac j’ai besoin de mettre des mots sur mes maux. Psychologiquement je n’ai rien trouvé de plus apaisant pour soulager mon corps et mon esprit. Vous êtes comme une douce et positive thérapie !Photo de nu en noir et blanc dans un studio avec le sourireAvec le sourire, nue, assise sur un escalier en bois au milieu d'une pièce vintagePhoto de nu en studio noir et blanc avec le sourire assise sur un parquet en boisAssise nue sur un parquet en bois au milieu d'un salon vintage

Tout comme faire des photos avec Élisabeth ! C’est à chaque fois un moment de bonheur et de bienveillance. Un moment où je me sens aussi libre qu’à l’aise, pour tenter de nouvelles choses. Et quoi de mieux pour me mettre à nu que de me mettre nue ?

Mon petit corps chéri libre et libéré. Mon petit corps chéri représenté par la douceur du talent de la meilleure des meilleures : Élisabeth Froment Photographe, pour les intimes. (#cestfaux ! 😛 )

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire ces quelques (longs ?) mots. Et d’ici à ce que l’on se retrouve pour un nouveau billet, je vous souhaite à vous aussi de prendre soin de vous et de votre corps chéri. Dans les bons, comme les mauvais moments !Debout nue au milieu d'un salon, un gilet en laine accroché au porte manteau, avec le sourireBucolique en noir et blanc pour des photos de nu en studioPhoto de nu en studio noir et blancPhoto nu dans une cuisine lumineusePhotographie noir et blanc en studio dénudéeEn noir et blanc assise au sol nue avec le sourireNue dans une pièce lumineuse, assise sur un escalier en bois avec le sourire

Je vous embrasse avec amour,

LPB.

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